L’armée américaine s’est exprimée bruyamment depuis quelques mois sur le rejet de Powerpoint, faisant écho à un débat qui date (au moins) déjà de quelques années.
En résumé, il est reproché à Powerpoint deux choses :
de laisser croire que la réalité se limite à des listes à puces
de consommer beaucoup de temps de préparation qui seraient plus utiles à d’autres choses.
Il faut noter que - pour une fois - ce n’est pas le produit de Microsoft lui-même qui est incriminé, mais qu’il est simplement l’outil le plus utilisé par l’armée américaine, et par le plus grand nombre d’organisations à travers le monde.
Il est banal d’accuser la technique plutôt que l’incompétence humaine, et de jeter ainsi le bébé avec l’eau du bain. Faut-il utiliser Powerpoint ou pas ? Bien sûr, si l’objectif s’y prête. Bien sûr que non si cela devient une nécessité administrative pathologique.
Pourquoi le rejet de Powerpoint, ainsi formulé, ne tient pas ?
Il est admis que 80% de la communication est non verbale. Remplacer une présentation visuelle par un discours ou même (et surtout ?) d’un échange de point de vues sans base de discussion est donc contre-productif. Que la séquence linéaire de Powerpoint soit limitante, certes. Rien n’empêche d’ailleurs d’utiliser d’autres outils (de mind mapping par exemple, ou une présentation Flash) à la place ou en complément de Powerpoint. D’ailleurs Powerpoint lui-même sait très bien être interactif et non linéaire pour peu qu’il soit conçu correctement. Mais on se heurte ici aux limites des concepteurs des dites présentations, et à celle de leur public (qui n’est pas toujours habitué à une présentation non-linéaire).
Les présentations limitent la compréhension d’un problème ? C’est sans doute que le présentateur se repose uniquement sur ses diapositives. Une présentation réussie n’est clairement pas basée sur la qualité du diaporama, mais sur une série d’attitudes de la part du présentateur (comme le contact visuel et l’interactivité avec l’audience, la modulation de la voix...).
Les présentations prennent beaucoup de temps ? Ah bon ? Et pas les réunions ? Encore une fois, ce n’est pas l’outil qui est en cause, mais la gestion du temps par les responsables. Une réunion minute n’a pas besoin de Powerpoint. Un séminaire, si.
La bonne utilisation de Powerpoint (ou de n’importe quel outil de communication) induit un biais, et des limites propres à l’outil. Ne pas chercher à combler ses limites par d’autres moyens complémentaires est soit de l’incompétence, soit une sorte de manipulation volontaire pour vendre, un produit ou un message, pour cacher des limites sur le fond en privilégiant la forme. Changez d’outil, vous obtiendrez d’autres limites.
En conclusion, la seule communication valable est celle qui utilise la synergie maitrisée des outils possibles. Cela demande plus de réflexion, parfois (mais pas toujours au regard des résultats obtenus) plus de moyens. Dans tout les cas, un outil seul ne touchera jamais toutes les cibles, de toutes les manières possibles, avec tous les impacts attendus.
Dans mon billet précédent, je m’étonnais un peu de la place du Burkina Faso dans le classement, tellement ce pays me paraît plus dynamique que d’autres en matière de développement.
J’ai cherché à voir un peu plus clair là dessus, notamment en cherchant une corrélation entre différents facteurs et le taux de pénétration d’Internet. Je vous livre ici le résultat.
La corrélation entre le taux de pénétration d’Internet en Afrique de l’Ouest et le PIB per capita est excellente (> 0,9).
Les pays au-dessus de la ligne sont ceux ayant un PIB moyen supérieur à leur taux de pénétration (laissant penser que ce taux peut augmenter).
Les pays au-dessous de la ligne sont ceux qui ont un taux de pénétration supérieur à ce que leur PIB per capita devrait permettre.
Un point de méthodologie. Les données utilisées pour le PIB per capita sont issues de la Banque Mondiale et sont pour 2008, alors que le taux de pénétration est celui de décembre 2009. Dès que les données de la Banque Mondiale seront disponibles pour 2009, je pourrais affiner le graphique, mais il ne changera certainement pas beaucoup.
Après quelques temps de silence, qu’explique un cumul de soucis techniques et de périodes de mission, je reviens sur ce blog avec de nouvelles données sur la situation d’Internet en Afrique de l’Ouest.




Si les cartes montrent clairement la position de leaders de pays aussi différents que le Cap Vert et le Nigeria (avec respectivement 24 et 16% de taux de pénétration), elles montrent également que l’accès universel est encore bien loin pour la Sierra Leone, le Liberia (malgré une bonne évolution récente de son nombre d’internautes), la Guinée, le Niger et plus curieusement le Burkina Faso.
L’Afrique de l’Ouest comptait en décembre 2009 près de 28 millions d’internautes, soit environ 10% de la population totale de cette région.
Malheureusement, comme souvent dans la région, ce chiffre est trompeur de par la présence écrasante du Nigeria. Sans le Nigeria en effet, ce taux de pénétration moyen chute à moins de 3%.
Il reste donc encore beaucoup à faire pour améliorer l’accès à Internet dans la région.