publié le 17 mars 2009 par Eric Bernard
Les observatoires de statistiques de l’usage du web tels que W3CSchools ou Net Application proposent mensuellement des données sur les parts de marché des navigateurs, les systèmes, les résolutions d’écran, les FAI... qu’utilisent les internautes pour naviguer sur le web.
Ces données sont précieuses car ce sont elles qui permettent de savoir quel est l’état des lieux actuel et quelles sont les tendances à venir dans l’usage du net, et ainsi de proposer des sites adaptés au plus grand nombre.
Mon billet précédent sur la part de marché d’IE6 m’a donné l’occasion de me pencher un peu sur ces statistiques et surtout de les comparer avec celles que l’on peut obtenir des utilisateurs des sites d’Ak-Dev.
L’hypothèse était la suivante : ces statistiques globales sont des moyennes obtenus principalement à partir d’utilisateurs qui ne sont pas forcément notre cible, soit géographiquement (peu de nos sites visent les utilisateurs nord-américains ou asiatiques par exemple), soit professionnellement (leurs statistiques proviennent généralement de leurs propres visiteurs, qui sont par nature des professionnels du web ou des amateurs éclairés, et non le grand public). Par comparaison avec les statistiques globales, que peut-on apprendre d’une cible plus africaine, mois spécialisée en TIC et principalement non-marchande ?
Bien que cet exercice soit certainement à développer sur d’autres indicateurs, je ne me suis penché que sur la répartition des navigateurs.
Ces données ont été récoltées d’une part sur trois sites d’observatoires donnant ces statistiques pour janvier 2009 (W3Schools, Net Application, Britoweb) et d’autre part sur les statistiques d’une dizaine de sites réalisés par AK-Dev pour la même période (sans qu’il s’agisse forcément de sites africains mais dont une partie importante de la cible est en Afrique). Dans les deux cas, ce sont les moyennes qui sont publiées ici, les écarts entre sites pouvant être plus importants.
| Navigateur | Observatoires | AK-Dev sites |
| IE 6 | 15,70 | 25,57 |
| IE7 | 30,97 | 37,29 |
| IE8 | 1,11 | 0,39 |
| FF | 39,38 | 32,07 |
| Chrome | 2,47 | 0,91 |
| Safari | 5,03 | 2,44 |
| Opéra | 2,83 | 0,47 |
| autres | 2,50 | 1,01 |
Une visualisation graphique donnerait :

On constate que, de manière générale et sans grande surprise, les utilisateurs des sites non-marchands utilisent moins les navigateurs alternatifs à celui livré avec leur ordinateur que la moyenne globale. IE6 n’a pas encore passé la barre des 20% et va même jusqu’à 35% pour certains sites. Safari, principalement utilisé sous Mac, est peu présent puisque peu d’utilisateurs utilisent un Mac sur le continent. Les navigateurs autres que IE et Firefox sont, de manière générale, complètement anecdotiques.
Ceci est principalement lié à deux facteurs :
la dépendance d’une partie des utilisateurs à des structures d’accès ne mettant pas à jour leur équipement, qu’il s’agisse d’écoles, d’administrations, de cybers... parfois pour des raisons de vétusté de l’équipement (mais Google Chrome est bien plus léger et rapide qu’IE donc cet argument ne tient qu’en partie), parfois par simple méconnaissance, parfois encore en préjugeant que leurs utilisateurs sont habitués à un logiciel et ne saurait pas s’adapter (la bibliothèque universitaire de l’UCAD, en faisant le choix d’un système Linux pour son cyber, a démontré qu’avec l’encadrement approprié, les utilisateurs ne sont pas désorientés).
le manque d’appropriation des TICs par les utilisateurs. Installer un logiciel reste souvent une aventure. Même si l’installation d’un logiciel est simple, sa configuration reste parfois complexe pour qui n’est pas habitué (il manque des plugins dès le premier usage, les bookmarks n’ont pas été correctement importés etc...).
Les structures, publiques ou privées, mettant à disposition un accès à Internet ont donc une responsabilité évidente dans la mise à niveau des équipements et dans l’appropriation des TIC par les usagers. Il n’est plus trop d’actualité de parler de fracture numérique, mais tant que les usagers n’auront accès qu’à des interfaces de second niveau, ils resteront des internautes de seconde zone qui seront pénalisés face aux évolutions du web actuel.
publié le 11 mars 2009 par Eric Bernard
Deux événements (presque) concomitants poussent à se poser des questions sur la compatibilité des sites web créés aujourd’hui avec Internet Explorer 6 de Microsoft (IE6).
Le premier est une bonne nouvelle : IE6 est passé en janvier sous la barre des 20% d’utilisateurs selon les principaux observatoires de l’usage du web. Je reviendrai sur ces statistiques dans un prochain billet.
Avec l’arrivée d’IE8, annoncée en version officielle (jusqu’à présent 3 versions beta se sont succédées) la semaine prochaine, IE6 aura deux longueurs de retard sur les produits de sa firme, et même les aficionados de Microsoft devraient accepter de se mettre à niveau.
Les choix de navigateurs performants ne manquent pas et il n’y a pas plus de raison sur le web de naviguer sur un rafiot qui prend l’eau de toute part que de choisir une barque percée pour traverser l’océan.
Changer de navigateur est donc une injonction tout à fait raisonnable et c’est le but de la Campagne pour l’éradication d’Internet Explorer 6 lancée début février par le site norvégien Finn.no.
Cette campagne est appuyée par un plugin SPIP "No IE" (qu’utilise ce blog d’ailleurs).
Un des intérêts de cette campagne (il est existe d’autres) est qu’elle ne fustige pas Microsoft pour sa manie de l’incompatibilité et ne se place pas du point de vue des développeurs qui doivent passer plus de temps qu’il n’est raisonnablement nécessaire pour rendre n’importe quel site entièrement compatible avec ce navigateur. Cette campagne parle en effet à l’internaute moyen, en lui expliquant à juste titre qu’il est pénalisé par l’utilisation d’un navigateur obsolète alors que des versions alternatives et gratuites existent (dont IE7 et IE8 pour les habitués).
Souhaitons donc que l’ensemble des internautes entendent cet appel et éradiquent rapidement IE6 de la surface du web.
publié le 10 mars 2009 par Eric Bernard
Hier, lundi 9 mars, se tenait au Just4U à Dakar la remise des prix des Waxal Blogging Africa Awards. Ce concours, organisé pour la première fois par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) avec la collaboration de Highway Africa et Global Voices Online est destiné à promouvoir le développement des blogs par les journalistes et organisations de la société civile (OSC) sur le continent.
Ce concours a vu la désignation de quatre gagnants :
le meilleur blog de journaliste francophone a été attribué à Cédric Kalondji, de RDC, pour son blog http://www.cedrickalondji.net (anciennement connu sous congoblog.net)
le meilleur blog de journaliste anglophone a été attribué à Rosebell Kagumire, d’Ouganda, pour son blog http://ugandanjournalist.vox.com
le meilleur blog d’OSC a été attribué au LusakaTimes, de Zambie
le prix spécial de l’IPAO pour l’Afrique de l’Ouest a été attribué à Israel Yoroba Guebo, de Côte d’Ivoire, pour son blog http://leblogdeyoro.ivoire-blog.com
Cette remise des prix a donné lieu à un débat autour de la pertinence des blogs dans le contexte africain. Diana Senghor, directrice d’IPAO, faisait remarquer que les blogs permettent aux journalistes de dépasser certains obstacles légaux, rédactionnels, logistiques, ils permettent également de dépasser également l’univocité des médias traditionnels en étant ouvert aux commentaires, instaurant ainsi - du moins potentiellement - un débat citoyen, et enfin ils permettent aux journalistes de s’exprimer, de s’autoriser (au sens d’être auteur et responsable de ses écrits) à écrire.
La mise en œuvre de ce concours fait apparaître - notamment - deux éléments intéressants. D’une part, peu de blogs disposent de commentaires. S’ils sont bien des expressions libres, ils ne participent pas forcément au débat. D’autre part, peu d’OSC ont soumis des blogs auprès du jury. Ce point ne me semble pas particulièrement surprenant car, pour mettre en place un blog d’organisation (OSC ou entreprise) il est nécessaire de modifier profondément les modes de prise de paroles au sein de l’organisation. Il s’agit d’une modification interne qui est souvent loin d’être envisagée, mais également une prise de conscience de la part des utilisateurs de la différence entre un blog (comme celui-ci) et le site de l’organisation. Un blog donne des opinions qui ne doivent pas engager l’organisation, sans quoi il serait nécessaire pour chaque prise de parole d’obtenir un aval hiérarchique conduisant probablement à des refus, des corrections, des débats en interne, autrement dit à devenir un site institutionnel de plus. Sans compter qu’un blog, par ses commentaires, ouvre un débat, qui doit être suivi par les auteurs. Or tant que le blog n’est pas considéré comme une activité de communication quotidienne en interne, comme une tâche faisant partie des activités normales de l’auteur (et non comme un à-côté qu’il peut faire s’il le souhaite pendant son temps libre), la surcharge de travail que cela implique ne donne pas envie de s’impliquer.
Ainsi donc, si les journalistes individuels ont bien compris tout l’intérêt personnel qu’ils peuvent retirer d’une activité telle que le blog, les organisations ont encore du chemin à faire pour l’intégrer dans leur communication.
Saluons l’initiative de l’IPAO et de ses partenaires à sa juste valeur, et souhaitons que d’année en année, l’on puisse voir les changements, en qualité et en quantité, qui s’opérent dans la blogosphère africaine.
publié le 8 mars 2009 par Eric Bernard
Depuis sa sortie en fin d’année dernière, il me tardait d’essayer la dernière version majeure de SPIP, qui vient de passer en version 2.
C’est chose faite désormais.
La partie la plus technique des modifications apportées par cette nouvelle version n’a que peu d’intérêt dans le cadre de ce blog (je n’ai aucun usage des fonctions de serveurs sql virtuels par exemple). C’est donc surtout du côté de la rédaction, de l’ergonomie de l’interface publique et de celle de l’interface privée que je vais pouvoir exercer ma curiosité, et faire quelques expériences de temps en temps.

Du côté des plugins, certains ne fonctionnent plus avec cette nouvelle version, et cela constitue une raison suffisante pour ne PAS passer certains sites dans cette version, sans parler des modifications dans les squelettes lorsqu’ils ont été très personnalisés. Mais pour de petits sites expérimentaux comme celui-ci, il est intéressant de noter que d’autres plugins n’ont été conçu que pour cette version et qu’ils apportent des nouveautés appréciables.
Voir sur le sujet :
La documentation SPIP 2.0
SPIP 2.0 : tout change et rien ne change
le nouveau site dédié au plugins SPIP au design très sympa
publié le 27 mars 2008 par Eric Bernard
Lors de sa 26ème session qui s’est tenue du 26 au 28 mars, le conseil intergouvernemental du PIDC (Programme International pour le Développement de la Communication), programme de l’UNESCO, le rapport "Indicateurs du développement des médias : cadre pour l’évaluation du développement des médias" a été approuvé et est désormais en ligne.
Le rapport a été présenté par son auteur (dont la paternité n’apparaît curieusement pas du tout sur le rapport lui-même), Andrew Puddephatt, ancien directeur général de l’organisation non gouvernementale de défense de la liberté d’expression ARTICLE 19.
Ce rapport dresse une check-list des indicateurs intéressants pour l’ensemble des agences des Nations-Unies mais qui devrait servir au delà. Ainsi on peut souhaiter qu’il serve à la prise en compte de la liberté d’expression dans les indicateurs de bonne gouvernance choisis par le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP), inclusion demandé depuis longtemps par plusieurs organisations d’appui aux médias - dont Article 19.
Sans entrer dans le détail des indicateurs, il semble que le plus gros du travail reste néanmoins à faire, c’est à dire de trouver non seulement une utilité pratique à ces indicateurs, mais surtout à les détailler et à les quantifier.
Le fait que les médias utilisent des systèmes de diffusion multiplateformes est quantifiable, encore faut il préciser ce qu’il faut compter : le nombre de médias disposant d’un site web ? Le nombre de visiteurs (en admettant que ce soit un critère de pertinence ou de qualité du site) ? La mise à disposition de fil RSS sur ces systèmes ? La régularité de la mise à jour ?
De même (page 56), les journalistes doivent bénéficier "d’un accès fiable, sécurisé et à un prix abordable" aux TIC. Certes. Mais qu’est ce qu’un prix abordable ? et comment le comparer d’un pays à un autre sachant que la connexion n’est pas identique (on en fait plus en une heure avec un haut débit qu’avec une ligne RTC) ?
Ce document est donc avant tout une très bonne source d’interrogations, que chacun peut facilement s’approprier pour en définir des indicateurs quantifiables ou creuser ses propres pratiques d’évaluation des médias.
Télécharger le rapport en français
publié le 21 mars 2008 par Eric Bernard
Lors de l’atelier "FLOSS & Media" organisé par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest lors de la conférence IDLELO 3, Ben Akoh, coordinateur du programme "ICT & Media" d’OSIWA commençait son intervention par une histoire qui m’a interpellé.
La toute nouvelle loi anti-piratage Russe, mise en place à la demande des Etats-Unis (sic), est en effet un outil parfaitement adapté à la répression des médias dissidents par le Kremlin. Car les médias russes - comme partout dans le monde - ne disposent pas des licences des logiciels qu’ils utilisent et peuvent donc être aisément attaqués pour cela. Et le sont.
Le Gouvernement après tout ne fait qu’appliquer la loi, celle-ci n’étant pas surprenante dans un pays où le piratage est la règle. La Fédration internationale des Journalistes (IFJ) elle-même ne peut que l’admettre et cherche un arrangement avec Microsoft. Mais si cette loi arrange le gouvernement, il l’appliquera avec d’autant plus d’enthousiasme. Et pourrait bien être un modèle pour des Etats où la liberté d’expression n’est pas la préoccupation première.
Si ce risque pèse bel et bien sur les médias, en Russie et certainement ailleurs, il pèse également sur les ONG. La Russie en est également la preuve.
Il y a bien des raisons de migrer vers les logiciels libres (coût, communauté, diversité, support en un grand nombre de langues...), y compris des raisons idéologiques (la philosophie du partage qui sous-tend le développement des logiciels libres). Mais lorsque les logiciels propriétaires se transforment en véritable épée de Damoclès, il ne s’agit plus d’une question technique ou philosophique, mais bien d’une question de survie.
Les logiciels libres sont certainement les meilleurs alliés de la liberté d’expression.
publié le 5 mars 2008 par Eric Bernard
Une nouveauté en librairie : Spip pratique 1.9
Ecrit par Perline, militante, journaliste, chercheuse que j’ai virtuellement croisé sur le réseau au temps des BBS de l’APC (et oui, le web n’a pas toujours existé, il a des ancêtres), ce guide permettra à tous de mieux s’approprier cet outil qu’est SPIP.
Spip pratique 1.9 n’est pas le premier livre sur le système de gestion de contenu SPIP (utilisé sur l’ensemble de nos sites). Il est par contre le premier à être publié sous la licence Art libre.
Ce livre peut donc être modifié, complété, diffusé librement. Un ouvrage libre pour un logiciel libre, quoi de plus logique ? Encore fallait-il l’oser. Mais, comme pour les logiciels libres, la philosophie qui sous-tend la démarche n’est pas naïve et mérite de s’y pencher avec attention :
"Il ne s’agit ni d’une coquetterie ni d’un suicide commercial. En adéquation totale avec l’objectif principal qui a toujours guidé Framasoft, nous pensons qu’en agissant ainsi nous donnons le plus de chances possibles à la diffusion du livre et par conséquent à la diffusion du logiciel libre Spip lui-même. L’absence de clause commerciale permettra aux associations, aux lugs, aux petits éditeurs (par exemple, pourquoi pas, à ceux des pays francophones en voie de développement), etc. de le proposer en vente sur différents supports (cd, dvd, clé..., et bien entendu, papier) en toute légalité sans même en demander permission à l’auteur (mais, comme pour les logiciels libres, un remerciement est toujours apprécié !). Tandis que l’autorisation donnée aux modifications permettra, nous l’espérons, de continuer collectivement la rédaction de ce livre en suivant au plus près les nouvelles versions du logiciel." (source : Framabook)
C’est l’occasion de réfléchir aussi à la notion même de propriété intellectuelle, paradoxe s’il en est, qui est questionné ici par le journaliste canadien Cory Doctorow.
De la réflexion et pas mal de pratique. Qui a dit que les logiciels libres sont de tout repos ?
Bonne lecture !
Pour en savoir plus : http://www.framabook.org/spip.html
Pour télécharger directement cet ouvrage (9,6 Mo au format pdf) : http://www.framabook.org/docs/Spip/version_1.9/livre_Spip_1_9.pdf
Et n’oubliez pas d’aller visiter le site de l’éditeur InLibroVeritas : http://www.ilv-edition.com/librairie/
publié le 2 mars 2008 par Eric Bernard
Le 5 mars, au Parc Technologique El Ghazala Ariana à Tunis, s’organise un Apéro SPIP pour partager de l’information et de l’expérience autour de SPIP et de Jquery.
Et à Dakar, des gens intéressés ?