dimanche 25 janvier 2009 par Eric Bernard
Avec 150 millions de membres (en janvier 2009 [1]), Facebook serait le 5ème site le plus visité au monde selon Alexa [2] et le premier réseau social.
Composé à l’origine de jeunes étudiants américains, la population actuelle de ce réseau s’étend géographiquement (70% des utilisateurs ne sont pas américains) et se diversifie dans sa population (les gens de 30 ans et plus représentent la croissance la plus forte).
Une aubaine pour la communication des ONG ? La réponse est moins tranchée.
En Août 2007, lors de la révolution safran en Birmanie, un groupe Facebook de soutien comptait plus de 440 000 membres. En ce moment même, un groupe de protestation contre l’agression de Gaza compte plus de 600 000 membres (et un groupe pour l’agression existe également, ce qui montre la diversité des opinions exprimées). Ce groupe n’est pourtant qu’un parmi plus de 500, ce qui de toute évidence limite l’impact d’un tel regroupement.
Outre les groupes, il y a aussi les applications. Avec l’application "Causes", on peut accéder à près de 150 000 causes, plus ou moins sérieuses il faut bien le dire.
Mais il est aussi possible de créer des applications "intelligentes" telle que la liste de cadeaux équitables par Oxfam. Ces applications restent encore le parent pauvre des développements autour de Facebook, mais les plus innovants sont déjà là.
Groupes, applications... mais pour quoi faire ?
Sensibiliser à une cause est la réponse la plus évidente. Il semble néanmoins que l’impact réel - ce que l’on peut qualifier de la place de l’abonné au groupe sur l’échelle de l’engagement - est faible. En d’autres termes, une personne s’abonne au groupe en suivant un avis d’un ami, mais son implication s’arrête là, surtout s’il s’agit de "serial activists" passant d’une cause à défendre à la prochaine. Les messages échangés sur Facebook ne sont généralement pas des débats, mais des opinions plus ou moins étayées. Les animateurs du groupe n’ont que très peu de moyens pour intervenir sur le groupe. Une réelle campagne peut donc s’appuyer sur Facebook pour recruter des militants, mais ce sera en amenant ces derniers sur son site web qu’une organisation peut fidéliser des sympathisants et faire passer un message sur le moyen/long terme, voire faire une pétition crédible.
Relayer/poster une information en utilisant les applications telles que "articles" (permettant de relayer un blog par exemple) ou "photos" pour ne citer que celles ci.
Récolter des fonds est possible sur Facebook, il suffit de se rendre sur l’application "Causes" pour s’en rendre compte. Les donations restent modestes surtout lorsqu’une cause réunit moins de quelques millions d’abonnés.
Informer sur un événement peut se faire grâce à l’agenda de Facebook et le bouche à oreille qui caractérise le réseau.
En résumé, Facebook est un excellent moyen de toucher une large population sur un sujet donné. Mais, sans stratégie pour fidéliser les sympathisants sur d’autres supports, l’impact sera limité.