6 outils de géolocalisation pour Twitter

publié le 7 septembre 2011 par Eric Bernard

Des centaines d’outils ont vu le jour autour de l’application de micro-blogging Twitter. Twitter modifiant très régulièrement son fonctionnement, nombreux sont les outils qui sont désormais inaccessibles. Il reste néanmoins quelques sites utilisant la géolocalisation.

La géolocalisation est intéressante à trois niveaux.

- la géolocalisation de messages
- la géolocalisation de contenu
- la géolocalisation de personnes

Ils partagent cependant tous les mêmes limites : ils ne prennent en compte les comptes et/ou les messages qui sont explicitement localisés par leur auteur. Tous les comptes non déclarés (d’une manière ou d’une autre) comme localisés sont ignorés.

Pour mémoire, il est possible pour chaque message de préciser sa localisation en cliquant sur "rajouter votre géolocalisation". Sur Tweetdeck, c’est en haut à droite ("add/change location") etc...

Voici six applications de géolocalisation de messages (Twittervision), de contenus (Trendmaps, Geomeme) ou de personnes (MapMyFollowers, SocialBro, Locafollow).

1. Twittervision

Twittervision permet de géolocaliser les tweets et de les placer sur une carte, de manière cumulative. Ainsi une heure de visualisation Twittervision sera différente d’un jour à l’autre. La carte produite ci-dessus représente une heure de Tweets à l’échelle mondiale, le 15 août 2011 de 14h15 GMT à 15h15.

Il est également possible en option de visualiser chaque Tweets et chaque image produite et de cliquer sur la bulle qui apparaît pour voir le message.

2. Trendsmap

Le nuage de tag géolocalisé ! Ce site permet de placer sur une carte et de suivre l’évolution en temps réel des hashtags utilisés (ainsi que des mots les plus souvent utilisés n’étant pas forcément des hashtags, comme un nom de personne ou de marque par exemple), et de les différencier par taille selon leur nombre d’occurrences. Il est ainsi possible de voir de quoi l’on parle le plus sur une aire donnée à un moment donné.

En cliquant sur un mot-clé, le cartouche de droite permet de suivre la liste des tweets l’utilisant.

Une autre application intéressante de cette outil réside dans la recherche d’un mot clé et son affichage à l’échelle mondiale permettant ainsi une vision comparative de l’usage de ce mot clé.

3. Geomeme

Toujours dans le sens de la géolocalisation de contenu, mais dans un tout autre genre, GeoMeme est un comparatif d’usage de mot clés. Il faut entrer deux mots et leur usage sur la zone choisie est comparée et donnée sous forme d’un ratio.

La carte ne sert qu’à définir l’espace d’application de la comparaison, et il ne s’agit pas à strictement parler de géolocalisation.

Principal intérêt (outre l’aspect ludique) ? Dans les (certes pas forcément courantes) situations où la question est binaire, comme un second tour d’une élection présidentielle par exemple.

4. Map My Followers

Comme son nom l’indique, ce site permet de placer sur une carte l’ensemble de ses abonnés (followers), ou des abonnés d’un compte connu.

5. SocialBro

SocialBro n’est pas un site mais une application Adobe Air, à installer sur votre machine donc. La fonction de géolocalisation des followers n’est qu’une parmi des dizaines d’autres fonctionnalités de cette véritable plateforme de pilotage de son compte Twitter.

6. Locafollow

Locafollow permet de trouver des utilisateurs de Twitter par descriptif, par nom ou, ce qui nous concerne ici, par localisation.

Pas de positionnement sur une carte ici, mais seulement la possibilité de trouver des utilisateurs en fonction de la localisation qu’ils ont eux mêmes définis dans leurs options. Ainsi une recherche sur "Matam" ne sera pas inclue dans une recherche sur "Sénégal" si l’utilisateur de Matam n’a pas écrit "Matam, Sénégal", mais seulement "Matam".

Un outil très intéressant, qui le serait encore plus s’il se basait sur une véritable géolocalisation.

Vous connaissez d’autres outils (qui fonctionnent) ? N’hésitez pas à les communiquer pour que je les intègre dans la liste !


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Mind Mapping pour le développement

publié le 19 août 2011 par Eric Bernard

AK-Project a organisé à Dakar fin juin, avec son partenaire Idéomap, une série de présentations sur l’intérêt du Mind Mapping (cartes mentales ou heuristiques).

Je retiendrai plusieurs ensembles de fonctions :
- organiser sa propre pensée, individuelle et collective : prendre des notes, animer des brain storming, rédiger des documents (y compris des réponses à des appels d’offres).
- organiser des connaissances existantes : analyser des documents, structurer des informations
- organiser sa veille d’information et de contacts
- gérer des projets et des activités
- communiquer, y compris vers des personnes n’ayant pas l’habitude de gérer beaucoup de textes : présentation, supports de formation, capitalisation

Ces fonctions ne sont pas exclusives l’une de l’autre, et il est par exemple possible à partir d’une présentation, de la modifier et de l’améliorer en direct grâce aux remarques de l’audience. Il s’agit donc d’un outil dynamique.

Ces fonctions sont réalisées au quotidien par la plupart des organisations non gouvernementales et les institutions de développement. Pourtant, cette méthode et ces outils sont encore très peu utilisés, non seulement à Dakar, mais de manière globale.

Deux hypothèses à cette mise à distance.

L’attrait pour la complexité. Combien de personnes utilisent Photoshop pour simplement retailler une image ? Tentent d’utiliser MS Project pour suivre le calendrier d’un petit projet ? Un outil qui est utilisé par les enfants n’est certainement pour eux pas assez sérieux, il ne doit pas pouvoir prendre en compte la complexité de leur travail. Or, c’est justement l’objectif de cette méthode que de réduire la complexité apparente pour en faire apparaître la logique, en structurer la pertinence, quitte à réintroduire la complexité par la suite en utilisant d’autres outils.

La demande globale. Lors d’une présentation, une question portait sur la connexion de l’outil présenté avec le progiciel de gestion de comptabilité SAGE. Non, ce n’est pas connecté et on peut souhaiter que cela ne soit jamais le cas. Si un outil comme Mindjet - utilisé lors des présentations, mais d’autres existent - permet l’interactivité avec des bases de données, Outlook, Powerpoint, Visio, Word, l’export en image, en pdf ou en xml, il reste un outil de carte mentale et n’aurait aucun intérêt à remplacer les autres outils et méthodes utilisées par ailleurs. Il est simplement complémentaire, généralement au démarrage du projet, vers des outils spécialisés professionnels (la gestion comptable, la création graphique, la mise en page finale etc.). Le mythe du logiciel qui serait capable de tout faire est dangereux, car il est le plus sûr moyen de ne rien faire correctement.

En s’en tenant simplement à ce que la méthode est censée faire, il y a déjà énormément de possibilité. Prenons simplement l’exemple des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Ils sont au nombre de huit, avec des sous-objectifs. Avoir une vision synoptique de ces Objectifs est plus facilement mémorisable que de lire l’ensemble de la littérature qui y est consacrée. Ci-dessous, une carte heuristique des Objectifs du Millénaire pour le Développement (cliquez sur la carte pour l’agrandir ; cliquez ici pour la télécharger au format Mindjet .mmap).

JPEG - 13.6 ko
Mind Map des Objectifs du Millénaire pour le Développement
http://www.ak-dev.net

Si les ressources sur le mind mapping foisonnent sur le web (notamment dans les domaines de l’enseignement, du développement personnel et du marketing), celles concernant plus particulièrement l’usage de cette méthode pour le développement sont assez rares, surtout en français.

Quelques exemples cependant (indépendamment du point de vue abordé par l’auteur) :
- la situation de l’électricité au Sénégal
- l’impact négatif du tourisme
- la révolution verte Un outil intéressant est le wikimindmap, permettant de trouver à partir d’un mot clé les ressources de Wikipedia sous forme de carte heuristique. Voir cette exemple sur la déforestation.

Mais il reste énormément à faire pour communiquer les problématiques complexes du développement de manière simple grâce au mind mapping.


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Manuel Castells : analyse d’un livestream

publié le 3 août 2011 par Eric Bernard

Le 28 juin 2011, Manuel Castells présentait la conférence "Ni dieu ni maître : les réseaux" dans le cadre de la chaire "Communication et Internet" du nouveau Collège d’Études Mondiales que développe la Fondation Maison des Sciences de l’Homme.

C’était l’occasion de retrouver celui qui, à partir de 1996 à travers sa trilogie "L’ère des réseaux", a ouvert la chemin à travers à peu près tout les champs possibles pour penser la société de l’information en train alors de naître.

Un événement important donc, qui fait suite à sa nouvelle publication "Communication Power" sur l’analyse du pouvoir dans le monde contemporain.

Conférence de Manuel Castells (FMSH) Je ne m’attarderai pas sur le contenu de la conférence, même si cela le mériterait certainement car je n’ai pas vu beaucoup d’écho sur le web. Il est toujours agréable de retrouver la simplicité et l’humour de Manuel Castells, et le mieux est de (re)voir cette conférence puisqu’elle est en ligne sur les archives audiovisuelles de la recherche (ce qui est une bonne occasion de découvrir ce site pour ceux qui, comme moi, ne le connaissaient pas).

Cette conférence a en effet été diffusée en direct sur le livestream de la FMSH. La salle de la Maison de l’Amérique Latine à Paris était de toute façon trop petite pour recevoir tout le monde, le public comptait en l’occurrence beaucoup d’invités prestigieux (que Michel Wiewiorka qui introduisait la conférence a pris plaisir a cité) et de toute façon tout le monde n’est pas à Paris.

Michel Wiewiorka l’a expliqué clairement : "Dès que cette conférence a été annoncée - et pourtant très discrètement - nous avons été assaillis de demandes. Faute de places, nous avons dû refuser de nombreuses demandes d’inscription. C’est pourquoi nous avons décidé d’en assurer une double distribution, en temps réel par streaming".

Le jour même de la conférence je discutais de l’intérêt de la vidéo conférence en général, et devant le scepticisme de mon interlocuteur - pas du tout technophobe par ailleurs -, je décidais donc de suivre la conférence autant par intérêt - indéniable - pour Manuel Castells que pour essayer de trouver des arguments sur l’intérêt de la vidéoconférence en direct pour ce genre d’événement.

Je dois bien avouer que les résultats me semblent assez décevants. Le livestream a en effet accueilli en moyenne une centaine de personnes. Certes, les personnes connectées n’étaient pas forcément toujours les mêmes puisque la mobilisation en ligne a été fluctuante (voir graphisme), mais même en considérant qu’elle ait été du double, la participation me semble faible.

 

Par ailleurs la conférence a été relayée sur Twitter, à la fois par des gens qui suivaient la conférence en ligne comme moi, et par des gens de l’intérieur de la conférence. Sur les deux heures et demie de conférence, seuls 55 tweets émis par 14 personnes ont été partagés (à partir du hashtag #castells car il est possible que d’autres n’aient pas utilisés ce hashtag évident). Ce n’était donc pas vraiment un trending topic.

Il serait intéressant de savoir, maintenant que la conférence est disponible en ligne et largement relayée sur de très nombreux sites, combien de visualisations ont été faites depuis.

Il faut féliciter la FMSH pour cette initiative et il est probable que doubler l’audience présente un certain intérêt. Pourtant si l’intérêt de l’archive vidéo ne fait pas de doute, l’impact du livestream pose question.

Ce qui met en évidence un paradoxe. D’un côté le temps réel est devenu un idéal, et le livestreaming y participe. D’un autre côté - on le voit avec les radios et avec les conférences - les podcasts sont devenus des compléments indispensables pour élargir l’audience, en décalage de leur diffusion initiale.

Il y a donc désormais trois étapes à un événement :
- la diffusion sur place qui s’adresse à un public plus ou moins nombreux, mais géographiquement et temporellement localisé. Selon l’objectif et les modalités logistiques, il est intéressant d’avoir un public le plus nombreux possible ou pas. Ce public peut réagir en direct.
- la diffusion en livestreaming, qui s’adresse à un public par définition très large géographiquement mais limité par des contraintes horaires (y compris de décalage horaire). Sa contribution peut être prise en compte (par les commentaires) mais peut être ignorée. Il n’y a pas de surcoût à son augmentation, il peut donc être le plus large possible.

Dans ces deux cas, le public ne peut augmenter lorsque l’événement est fini et de plus il est mesurable.

- la diffusion a posteriori (archivage mis à disposition). L’audience peut augmenter en permanence, elle n’est ni géographiquement ni temporellement limitée, mais elle n’est plus réellement mesurable (il est souvent possible de faire des copies et de les diffuser). Les commentaires peuvent être partagés, mais il n’y a plus réellement d’interaction.

Les objectifs d’audience d’un livestream de conférence traversent ces trois moments de la diffusion, et comprennent avec eux les indicateurs d’interactivité avec l’audience.


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